mercredi 1 janvier 2020

Blanc

Je commence l'année divinement. J'ai un gros pot de lys blancs en terre, qui dégage son odeur si suave et exquise. Elle me réconforte.
J'ai également aspergé mon lit d'un parfum pour enfant que j'ai retrouvé, que j'adorais enfant et qui me réconforte beaucoup, Tartine et chocolat. C'est drôle de commencer comme ça à parler de parfum, car j'entre dans cette année sans mon parfum, qui est devenu ma signature, L'eau d'Hadrien, d'Annick Goutal. Je le porte depuis peu, deux années, mais ce parfum est devenu mon odeur. Je l'aime tellement, il me transcende, me dérobe à moi-même, et c'est une fragrance à référence littéraire de plus, ce que j'apprécie et qui me rassure, m'accompagne, me serre le cœur.

Dans ma chambre il y a aussi ce petit sapin floqué, que ma sœur et ma mère ont acheté pour Noël, ainsi qu'une cloche en verre avec un petit ours habillé dans un pull en laine blanc et un bonnet blanc aussi. Un cierge, deux petites bougies, l'une dans son photophore, l'autre dans un petit pot en verre strié. J'aime la douceur de la lumière jaune et l'odeur de la pièce, où flottent effluves de lys blanc, de Tartine et chocolat, de cire de bougie et d'anciennes touches d'encens indien. J'ai pris le soin de la ranger et de faire le ménage, en conscience.

J'ai le sentiment d'entrer en 2020 les pieds propres, l'âme un peu plus légère. Pourtant il y a beaucoup (et je ne parle que du ménage) à faire, encore, mais mon espace personnel est parfait.

Drôle de coïncidence aussi, j'ai fini le carnet dans lequel j'écris mon journal aujourd'hui, ce 1er. Le premier jour de cette année s'écrira à cheval sur les deux carnets, ce qui me touche, je ne sais trop pourquoi, mais j'aime l'idée du pont entre deux rives (même si cela va un peu à l'encontre de ce que j'avais écrit hier). Depuis plusieurs carnets j'écris exclusivement sur papier clairefontaine, ils font des petits cahiers magnifiques, très classiques, qui me vont très bien et qui me font plaisir. Leur papier est d'une douceur extrême, d'un velouté parfait, lisse. J'écris au stylo plume, et la texture du papier est d'une grande sensualité quand j'écris. L'odeur du papier m'enchante également. J'ai fini 2019 et commencé 2020 sur un carnet rouge simple, et je commence donc 2020 sur un carnet double camel. Certaines années je ne remplis qu'un simple, mais il m'est arrivé d'écrire énormément sur une période, qu'un cahier me serve pour seulement deux mois. Je ne commande pas les périodes d'écriture. Il m'est aussi arrivé de ne plus écrire.


J'aime me dire que cette année sera l'année du blanc pour moi. J'aime cette absence de couleur : non après tout, je m'en fiche, je l'appelle une couleur! J'aime cette couleur, elle signifie une page blanche à remplir, donc une histoire à construire, cela me correspond en ce moment, moi qui pense ne rien avoir construit depuis 2010. C'est un départ symbolique. Elle signifie une pureté, elle me fait penser aux nuages, à l'écume, c'est une couleur que je trouve éminemment hivernale, tout semble d'un blanc gris, le ciel, l'eau de la Seine. Le blanc me fait penser aux murs blancs, et à la poésie des ombres dessus, qui se découpent. Par contraste le blanc me fait penser au noir (évidemment! bien sûr — j'ai l'air fin), à l'ombre (je me répète). Cette couleur me fait penser à l'Asie. Au propre, au rangement. Au lait. C'est doux, frais, rassurant, apaisant. 2020 Année magique à coup sûr. 

lundi 30 décembre 2019

2020 - ambitions

"Pourquoi y a-t-il quelque chose et pas rien?"
C'est tout ce qui me préoccupe, tout ce que je me demande, tout le temps. Cela me bouleverse, cela me tord. Je me bats avec des épisodes dépressifs qui me rongent, et je me prends constamment à sonder le ciel : pourquoi y a-t-il quelque chose, et pas rien? C'est la question. est la question.

La tentative de réponse à ces questions, en se plongeant dans la psyché humaine par le biais des textes anciens, et de la philosophie a toujours été un idéal que j'ai placé au dessus de tout, sur un piédestal qu'on connait s'il on me suit depuis toujours (ou maintenant s'il on me suit depuis l'instant où on lit ces lignes), et que j'annonce aujourd'hui fermement. Après tout, c'est Pascal qui m'a troublée comme aucun autre dès 2010, à 17 ans et a mis les mots sur le malaise qui m'habitait, qui m'a rassérénée et m'a confié que je n'étais pas seule. C'est donc un anniversaire tout particulier — que j'aimerais honorer, mais passons. 

J'ai fait une vidéo assez ridicule un jour, où j'intronisais ce que j'aimais appeler ma "cut the crap year", sauf que je n'ai pas coupé la merde de ma vie. Je suis toujours aussi sujette à la paresse, à l'angoisse, à la procrastination (qui parfois est bénéfique, il faut le souligner) et surtout la peur. Mais je progresse quand même chaque jour. Cela dit, je crois fermement que pour vraiment faire les choses, il faut un objectif précis et un plan établi. J'y travaille donc.

Voici plusieurs livres que je programme pour cette nouvelle année, pour me rapprocher de cet idéal de recherche : 
Le livre des morts des anciens égyptiens, la Bhagavad-Gita, La Bible (surtout le Nouveau Testament), L'Iliade, l'Épopée de Guilgamesh, le Mesnevi de Rumi. (J'aimerais rajouter le Coran mais cela me semble trop ambitieux pour une année.)
J'essayerai tant que faire se peut, de faire part de mon avancée ici. -- Nous verrons si j'y arrive!

Je finis 2019 et commence 2020 avec Le livre des morts des anciens égyptiens, ce qui me convient très bien, parce que j'en ai assez de l'idée de renouveau, et de celle du bilan. Comme si tout s'arrêtait, qu'on sautait d'une falaise à une autre, les deux étant séparées par un grand fossé. Non. Je veux continuer mes efforts sur la même lancée, voir les choses comme une avancée constante, même si cyclique, c'est dans la répétition qu'on avance et qu'on se forme. L'idée de la mort des anciens égyptiens était celle de l'immuable, de l'éternité. C'est quelque chose qui me fascine, et il y a une dualité toute particulière, que je ne sais pas encore exprimer, mais que je vais creuser au fil de ma lecture. Cette lecture est excitante et fondamentale. J'aime le fait de me plonger dans cette lecture, j'ai l'impression de descendre dans des caveaux, dans des tombeaux éternels, c'est une sensation exceptionnelle. 

Je ressens le besoin de comprendre (libido sciendi!), de savoir, et je veux à tout pris me renseigner sur les pratiques également, et les courants de chaque religion. C'est fondamental, c'est quelque chose qui m'a toujours passionnée. Dans cette démarche, j'ai commencé à écouter un catéchisme catholique sur youtube. J'apprends plein de choses et écouter un catholique descendre Luther m'a donné envie d'aller m'enquérir profondément du protestantisme. 

Au fond, beaucoup de choses sont brouillées dans ma tête...

Cette année je vais continuer mon étude sérieuse du grec ancien, et je vais commencer l'étude du japonais. Je ferai peut-être un peu d'allemand sur duolingo, juste pour rire, il vaut mieux se concentrer sur deux langues à fond d'après ce que j'ai lu et entendu. 

Je suis aussi en train de lire L'art de la simplicité de Dominique Loreau, qui est parfois totalement ridicule, et parfois très apaisant. C'est un livre qui soumet l'idée de faire le vide pour simplifier sa vie. Rendre les choses simples. C'est quelque chose auquel j'aspire, mais pas dans un radicalisme, en tout cas pas pour l'instant. 

J'ai fini Smoke gets in your eyes de Caitlin Doughty, qui est formidable. Lire sur la mort m'apaise, c'est un sujet que j'espère retrouver dans les livres en 2020.

Ceux qui ont marqué mon année le plus fortement, sont Proust, Heidegger et Simone Weil. Je tiens à les retrouver en 2020. Je me tournerai vers Simone Weil à chaque doute. C'est ma grande inspiration, et elle me conforte dans mon idée d'aller creuser les origines, les textes anciens.


Je tiens à ce que l'année qui arrive s'écoule dans l'idée de pureté qui me tient tant à cœur. Il est important que je vire ce qui ne me fait plus vibrer pour continuer à vivre mieux, en âme et conscience. Je tiens aussi fortement à l'idée de me muscler l'esprit. 
Que vive le désir de savoir, la curiosité, la recherche, les solitudes fécondes, et les amitiés fécondes elles aussi. En avant vers l'amour, en avant vers la mort. 

Rendre chaque jour intellectuellement vibrant, stimulant, n'est pas une ambition, mais un combat de chaque jour, en tout cas pour moi. 


Je vais me saouler de musique, de peinture, de notes, de solfège, de pratique pianistique, de vocabulaire grec. Je veux progresser et prendre énormément de plaisir à jouer, à cultiver ce plaisir immense.

samedi 8 avril 2017

Après tout peut-être or: the post-book depression hits hard.



Il a quelque chose de très pur dans l'écriture de Maggie Nelson – mais aussi dans celle de Marie Ruefle, une sorte d’ascèse, de perfection de leur rapport à l'écrit. J'ai conscience que leur vie n'est pas leurs livres, mais j'adore le foisonnement de références et la discussion constante qu'elles entretiennent avec les textes qu'elles étudient, celle de Claire-Louise Bennett également. Je crois qu'il y a une substance de l'existence qui est exacerbée chez elles, et qu'elles sont en contact presque constant avec elle. De plus, je constate que l'anglais produit chez moi un émerveillement, les textes sont si beaux, la langue si brillante et pointue, que je m'y pique avec un plaisir sentimental. 

Leurs livres m'ont donné quelque chose que je n'aimerais pas perdre, que j'aimerais ne jamais perdre. Mais bien souvent, on le perd, malgré le fait qu'on le souhaite indéfectible, le spectre du livre s'efface peu à peu. Il faudrait relire, mais la relecture risque de décevoir, parce que la première lecture n'est pas constituée que du texte lui-même, mais de tous les contextes qui entourent et font le livre. Recréer l'espace de première lecture est impossible. C'est cette perte qui m'est la plus pénible. 

Je découvre ainsi que je suis éminemment proustienne dans mon rapport à la lecture, à mes journées de lecture. Je suis dans la mimétique de l'impression que les livres laissent sur moi. Peut-être suis-je plus sujette au bovarysme que ce que je croyais.


 

mercredi 4 novembre 2015

Automne

Plus le temps avance, et plus j'ai du mal à rester optimiste sur la nature humaine. L'humain est débordant de petites mesquineries, d'égoïsme, de banalité, de suçage de personnalité – comme des petits tiques. J'ai du mal à rester optimiste, mais je ne sombre pas dans le désespoir, loin de là. Il est même parfois très drôle de se rendre compte à quel point les hommes ne changeront jamais, qu'on a pu lire bien à l'avance une action d'une bassesse inénarrable parce que la personne en question est terriblement humaine, vulgaire.

L'automne est magnifique, chaud. Il est pourtant jonché de drames. Plus je pense au drame, moins je réussi à être manichéenne sur le monde. Les méchants et les gentils. Plus je questionne. Plus je déchiffre. Plus la justice me semble bien aveugle, oui.


 Sense & Sensibility de Jane Austen. Cette lecture fut aussi thérapeutique – une page de Jane Austen matin et soir est aussi efficace qu'un anti-dépresseur pour moi, que littérairement savoureuse. Ce dernier ayant très certainement provoqué le précédent. Le livre a été si fort et bon, qu'il crée un réel manque en moi. Oh mon dieu je suis addict à Jane Austen et jamais je ne serai sevrée.  J'ai aimé par dessus tout me lire tout haut des passages du livre lors de ma lecture. Tout est souffle chez Jane Austen. Tout, absolument tout. Du rythme des phrases, au souffle corseté des héroïnes, aux répliques cinglantes ou aux tirades interminables, souvent lâchées d'un trait ; portées sur le haut de la pyramide, qui luisent dans la nuit du poumon.
J'ai été choquée, retournée, violentée de trouver le pourquoi j'aimais autant les romans de Jane Austen. Parce qu'en plus de l'esprit, de sa vivacité, de la langue si bien maniée, des petites batailles internes, il y a le basculement. Et c'est Virginia Woolf qui m'a ouvert les portes du sens!


 Voir Suffragettes m'a donné envie de lire Virginia Woolf. WOOLF WOOLF WOOLF.

samedi 31 octobre 2015

Journal 1

J'ai décidé (haha pardon pour la formule qui se répète) de paraphraser ce que j'écris dans mes carnets sur mes lectures et de faire une sorte de suivi ; sorte de journal qui reprendra mes lectures et mes impressions. J'ai un blog sur lequel je postais ce genre de choses, mais avec en prime un compte rendu de mes humeurs, et je crois qu'il faut éviter de rendre la chose visible. C'est quelque chose qu'il faut garder pour soi et son entourage.



J'ai dressé il y a de ça quelques semaines (deux ou trois?) une liste de livres qui comptabilise les livres que j'ai commencés sans les finir. J'adore taper des listes à l'ordinateur. Je peux m'amuser à les styliser avec des jolies polices d'écriture, et cela rend la chose officielle. C'est une pantomime de bureau, d'administration, qui me fait beaucoup rire et qui me libère, comme le mythe égyptien platonicien de l'écriture qui permet de se soulager la mémoire (je ne suis pas précise là dessus, je le regrette). Je range mes petites listes soit dans un carnet si je les écris directement à la main dedans, soit dans un classeur fleuri (kitsch, que j'adore) si elles sont sur papier libre.
Cette liste a été laborieuse. Plus je la regardais, plus je me rendais compte que je ne barrais pas les titres assez vite, plus je me disais que certains de ces livres ne me donnaient plus envie du tout, ou simplement il ne me plaisait pas de les lire rapidement, autrement dit, de les évacuer (même si je ne fais jamais vraiment ça).

Mais entrons plus dans le détail : j'ai tout de même lu La Reine Morte de Montherlant. Que j'avais mis en pause au milieu. Montherlant est assez surprenant. Il me fait plus penser aux atmosphères lourdes et aux styles touffus et précis de la fin du XIXème qu'au milieu du XXème. C'est assez surprenant. L'homme avait le sens de la formule, et elle nous pénètre de manière efficace, elle n'est pas forcée, elle est naturelle (c'est notamment pour ça que je le rapproche de certains écrivains mi-fin-XIXème). Il manie la métaphore de manière exquise. C'est une pièce que l'on a envie de citer à tout va et qui pourtant n'a manifestement pas été écrite pour cela. Elle coule comme de l'eau de roche, minérale, et elle brûle comme une pleine lune. Montherlant fait classique brumeux, lourd et précieux, et j'adore. Un diamant noir. Inès et L'Infante sont deux personnages incroyables. Elles dégagent toutes deux une force spectaculaire, et le pauvre Pedro semble bien pâle à côté d'elles et de son père. (Même si certains passages entre Pedro et Inès m'ont fait penser au Cantique des Cantiques, mais c'est peut-être parce que j'aime trop ce texte biblique). Le livre me fait également penser à un Shakespeare éthéré, sur lequel serait passé le XIXème justement. J'ai adoré cette lecture, saisie de bout en bout, interrompue par la réalité de la vie (! : formule digne de la télé-réalité).


Je suis présentement dans The Turn of the Screw d'Henry James. Avant cela j'avais lu Daisy Miller dans le même livre. Je suis comblée. Daisy Miller est exactement le genre de nouvelle moderne que j'aime. Sans construction classique apparente, avec une fin en plongeoir de piscine, ou en bout de falaise (si on veut une image plus romantique). Un côté impénétrable grâce au point de vue adopté, et un mystère qui plane toujours à la fin, celui de l'absence d'omniscience absolue. Daisy Miller reste un personnage impénétrable, même si elle a tout de la petite sotte qui n'en fait qu'à sa tête, on ne peut s'empêcher de l'imaginer impertinente, charmante et forte, et je crois que c'est la grandeur de cette nouvelle. Que penser de cette femme, à la chute si banale et bête, anecdotique? La nouvelle (ou novella?) fait environ soixante-dix pages dans mon édition et même si l'histoire peut tenir en trois lignes, quand on regarde en arrière, elle me parait d'une densité remarquable. Les détails, évidemment (Henry James était inspiré par Zola et le courant naturaliste français, il me semble, si je ne dis pas de bêtises), sont responsables en grande partie de ce sentiment. Je crois que j'adore les livres avec tant de descriptions. James est plus dans la finesse que Zola, qui, par exemple peut magnifiquement amorcer une description (en la guidant avec le point de vue par exemple), mais qui du coup la plaque et l'étire de manière doctrinale (pardon mais c'est un peu vrai, même si j'adore ces descriptions!), macérée dans son jus naturaliste. James est plus fin, il va peut-être réussir à injecter la même quantité de description et de détails, mais en touches discrètes, comme s'il avait réussi à faire passer le goût de l’arsenic dans un bon vin. J'aime aussi les caractérisations des personnages, qui appellent nos sens (je pense surtout au son du rire de Daisy, que je peux bien m'imaginer). Superbe lecture.

The Turn of the Screw, dont j'ignorais totalement l'intrigue, est une lecture qui par hasard se trouve être en accord parfait avec la Toussaint. Et c'est la que je trouve James d'un génie tout particulier, avec ses allusions. Avec le prologue, il me fait penser à Boccace (et Marguerite de Navarre), puisqu'il s'agit d'un récit enchâssé, et le corps de l'histoire raconté à la première personne par la gouvernante fait directement penser à un Jayne Eyre d'épouvante, éminemment gothique. Mais ce qui est surprenant, (et là je ne sais pas si c'est ma conscience sur le texte qui me fait penser cela ou si c'est le texte qui fait naître cela) c'est qu'il semble qu'il y a une petite note ironique, acide, qui subsiste. Et c'est peut-être le regard des devisants du début qui apporte cette sensation, mêlé avec l'intertextualité suggérée. Mais il faut bien dire aussi qu'on se fait manipuler (avec toutes les fictions, mais là particulièrement) et que j'ai plaisir à avoir peur malgré les trous voulus dans la narration. Et c'est peut-être aussi ce qui apporte une sorte d'ironie au texte. Il y a énormément de choses qui sont un peu trop grosses, un peu trop bizarres pour que cela marche complètement, et pourtant je me laisse guider. J'adore les histoires de fantômes, les personnages inquiétants, et les brebis égarées qui vont mal finir. Il me reste quelques chapitres à lire, j'ai hâte de savoir quelle sera la fin!
Des yeux sont sur la couverture du livre, yeux des spectres mais aussi du point de vue (selon moi évidemment, c'est une interprétation à prendre ou à laisser), de la manipulation. C'est vraiment bien choisi et joli.


En parallèle je lis Slow Reading in Hurried Age de David Mikics. C'est un livre qui m'apporte exactement tout ce que je veux, si bien que je me suis demandée si ce n'était pas trop exagéré. En effet, il semble que les américains ont déjà produit la bibliothèque de Babel et qu'au niveau des services, il suffit de demander, on trouvera toujours ce qu'on veut. Même si c'est pour lire lentement et apprendre à lire, et avoir des citations littéraires, et des belles références de Nabokov, Emerson ou encore Dante. Ces américains ont vraiment pensé à tout. Mais je vais être claire : j'adore ce livre. C'est du porno pour littéraire et amoureux des livres. Dans une danse un peu réac, il nous dit qu'internet c'est nul (j'embellis), que ça change notre manière de fonctionner (au niveau du cerveau) et qu'il vaut mieux lire des livres papiers (ouiiiiiii!!!). Que la clé de la lecture c'est la concentration et que les universitaires n'ont pas toujours la meilleure lecture des livres voire ne sont pas les meilleurs lecteurs  parce qu'ils veulent lire le monde dans un livre (hahaha pardon mais ça ça me fait trop jubiler). Ce que j'aime par dessus tout, c'est sa manière de prôner la lecture intime, les liens très intimes et particuliers que le lecteur doit tisser avec le livre, et qu'il doit se l'approprier. J'ai lu une cinquantaine de pages hier pour l'instant et je me gargarise de ces mots! ahahah


Voilà pour cette fois. L'envie m'est venue, peut-être qu'elle me passera après avoir posté cet article. :)