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mercredi 9 décembre 2015

Frustrations de fin d'année

Chaque fin d'année sonne à mes oreilles l'heure du bilan, du retour et de la constatation sur la trajectoire que je prends et de l'avancée de mes projets et rêves de vie. Et tous les ans c'est la même chose : je suis déçue.
Je ne dors pas comme il faudrait, je ne suis jamais en forme, je suis toujours déprimée, je ne lis pas assez, je ne vois pas assez de films, je passe trop de temps à me poser des questions, je ne me bouge pas assez le cul pour faire ci ou ça, je ne travaille pas assez et quand je travaille je ne le fais pas assez bien, je n'écris pas alors que j'ai envie, je ne tiens pas mon journal assez assidument, je ne fais pas assez de sport, je mange trop, je ne fais pas assez de vidéos.

C'est très con n'est ce pas? Je sais que j'avance, mais ce ne sont pas des faits, et je ne suis jamais contente. Pourtant j'apprends à voir les choses de manière fragmentaire, de ne pas vouloir atteindre l'idéal (qui n'existe pas - point d'interrogation), d'y aller pas à pas, mais autant dire que pour la dix-neuvièmiste que je suis, c'est hyper difficile. Des fois cela me parait même voué à l'échec. Je regarde toujours ce qui est mieux, je me compare toujours aux autres (en même temps qui ne le fait pas, sérieusement?) et je me dis que je n'y arriverai jamais. En même temps c'est sûr, j'ai la peur de l'échec et de la réussite comme ça c'est facile. J'échoue d'office, comme ça je ne change rien et je n'ai pas à essayer.

Je suis un cours de théâtre où parmi tout un tas de devises, il y en a deux qui ressortent et que j'aimerais appliquer à tout ce que j'entreprends ou fais dans la vie.

(1) Réussir n'existe pas, on se plante tout le temps, il faut essayer de se planter mieux à chaque fois.
C'est exactement comme la phrase de Beckett, "Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better." En fait, pour être honnête, je ne l'avais jamais comprise, cette phrase. Je la trouvais très conne. (Bon après, elle est peut-être un peu sortie de son contexte, je ne sais pas) Aujourd'hui elle fait définitivement sens et elle me plait énormément. L'important c'est d'essayer et de persister. Comme le Ted Talk d'Elizabeth Gilbert. - Et si j'ai envie de me prendre une idole dans le genre, c'est Stanislas Wawrinka qui a tatoué la phrase de Beckett sur son bras, et qui a gagné après trente ans deux titres du grand chelem en essayant tout le temps de se planter, mais un peu mieux. Et Wawrinka m'a aidé à comprendre cette mentalité. Il aurait pu faire le match "parfait", battre Djokovic 6/0 6/0 6/0, donc dans un sens il s'est planté parce qu'il a gagné le match 4/6, 6/4, 6/3, 6/4. Mais l'important c'est qu'il ait essayé et que cette fois cela lui a permis de gagner le match. 

(2) Même cinq minutes, faire c'est déjà avancer. 
C'est une phrase qui est carrément accrochée dans la salle à mon école. Et c'est vrai, c'est tout. Je l'oublie tout le temps, parce que je pense encore et toujours à l'idéal et à "ouais mais cinq minutes c'est rien", qui mène au "ouais mais dix minutes c'est rien", ou une demi heure, ou une heure. Et c'est comme ça, en se disant qu'on a pas le temps, qu'on laisse le temps filer. Le problème c'est que je le sais depuis longtemps mais que j'ai du mal à être disciplinée. Il faudrait que je le mette en fond d'écran un peu partout. Et là je pense à Carrie (Hope Fletcher, It's Way Past My Bedtime sur youtube), qui explique qu'elle se sert de tout les petits bouts de temps libre qu'elle a pour faire quelque chose. Et je me souviens d'une vidéo qu'elle avait fait il y a un moment sur la valeur du temps qui m'aide et me plait. Dedans elle dit par exemple : "I feel like if you spend your time wisely, you can get so much done, and if you spend it sitting on your arse in front of a computer, you know, you don't feel like you've wasted time because you've been enjoying it, but you have wasted time."



Il faudrait donc que je pense plus à ça qu'au résultat dans la vie. Au final c'est aussi quelque chose que mon prof nous dit dans mon cours : ne pas penser au résultat.
Parfois il faut juste faire. Et on avance, marche par marche, petit à petit. Il faut seulement se le rappeler tout le temps.

La question qui reste en suspend, c'est si je dois attendre janvier 2016 pour me mettre à me décrasser ou si je m'y mets maintenant. Tous les ans je m'imagine que la nouvelle année va jouer de sa magie et de sa nouveauté mais ce n'est pas le cas. Si je me tiens vraiment à la deuxième devise, il est mieux de s'y mettre maintenant, même si c'est 5 minutes.

Écrire cet article m'a fait un bien fou!

1 commentaire:

  1. Purée, j'adore la phrase de Beckett. Il faut que je retente cet auteur.

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